Terre de Liens, terre de commoners

L’association Remix the commons a animé, en mars, une formation organisée par Terre de Liens sur un sujet qui nous tient à cœur : les communs. Des administrateurs, une salariée de la Fédération, deux jeunes diplômés en service civique ou en stage, et des bénévoles – des Franciliens surtout ! – composaient l’assistance.
La journée s’est ouverte par un essai de définition des communs : « droit d’usage », « responsabilité collective », « inappropriabilité de la terre », sont quelques-unes des expressions avancées. Dans Commun, essai sur la révolution au XXIe siècle, P. Dardot et Ch. Laval fixent le cadre du commoning en faisant écho à cette entrée en matière : « Il est la formule des mouvements et des courants de pensée qui entendent s’opposer à la tendance majeure de notre époque : l’extension de la propriété privée à toutes les sphères de la société, de la culture et du vivant. »
Le volet théorique permet de situer le mouvement des commons dans le temps : c’est une succession de luttes contre les méfaits du libéralisme économique et de son avatar contemporain, le néolibéralisme. Ces histoires tracent les lignes de modèles alternatifs aux sociétés bourgeoises nées à la suite de la Révolution française, qui ont renforcé les droits des propriétaires, puis des détenteurs du capital, au détriment des droits communaux, tel le glanage.
Frédéric, l’animateur, a évoqué en filigrane l’engagement des commoners. Si ce mot anglais désignait originellement les bénéficiaires des produits de la forêt, il a progressivement renvoyé à une autre figure : celle du défenseur des droits des communautés. Les expériences débouchant, à la faveur de leur action, sur la conquête ou la réappropriation de droits, jalonnent le cours de cette histoire sociale : des espaces naturels sont sanctuarisés, des services publics sont re-municipalisés, des logiciels libres fondant la société de la connaissance sont créés.
Durant les exercices pratiques, le groupe s’est demandé à quelles conditions Terre de Liens s’inscrivait dans ce mouvement. Du fait de l’économie dans laquelle elles s’insèrent, l’appartenance des terres préservées aux communs a fait débat. Chaque participant a en revanche identifié, au cœur du réseau ou dans sa périphérie, des commoners, ces « fabricants de solidarités » : un paysan décroissant, un militant anarchiste investi dans une zone à défendre (ZAD), ou un cédant donateur, qui prie la Fondation, installatrice de gardiens de passage, de renoncer à percevoir tout loyer.

Pour aller plus loin, découvrez le dernier numéro de la revue Arpenter : « Essai sur l’histoire de la propriété de la Terre » en téléchargement sur le site national.

Manuel, bénévole TDL IDF

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