25-27 Avril // Venez rencontrer le Mouvement des Sans Terre // conférence, expo, café-diplo

À l’heure où le nouveau pouvoir brésilien s’apprête à donner les mains libres aux grands propriétaires terriens, où la criminalisation des Sans terre s’aggrave, Terre de Liens accueille une délégation de 3 représentants du Mouvement des sans terre (MST) brésilien du 10 au 30 avril.

Voici les événements prévus en région parisienne :

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Le 25 avril à 19h au Lieu Dit, Paris >>>voir ici

 Café-Diplo  : « Luttes sociales au Brésil : le Mouvement des sans-terre (MST) ». Avec des représentants du MST, Renaud Lambert et Vincent Jannot (Terres de liens). Organisé par les amis du monde diplo.

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Le 27 avril à 15H, à la bergerie de Villarceaux >>>voir ici

Conférence “Réforme agraire, Loi Foncière et Transformation Sociale” , avec des représentants du Mouvement des sans Terre, Dominique Pottier (Député), Robert Lévesque (AGTER) et Antoine Beague (auteur de “Histoire de la propriété en France” Arpenter Hors Série)

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 Le 27 avril, soirée de soutien avec expo Salgado, concert et repas. À Mains d’oeuvre, lieu de création artistique et citoyenne, St-Ouen M° Porte de Clignancourt. >>>voir ici

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Le Mouvement des Sans-terre (MST) est une organisation paysanne née au Brésil au début des années 1980, et il est aujourd’hui l’un des plus importants mouvements sociaux d’Amérique Latine. Il prend racine dans les occupations de terres dans l’état du Rio Grande do Sul à la fin des années 1970 (1979-1983). Ces luttes, menées par des ligues paysannes, s’organisent peu à peu sous l’impulsion de syndicats ruraux, de l’Eglise, et plus particulièrement de la Commission pastorale de la terre. La dimension nationale du mouvement et sa résistance aux formes multiples de répression en ont fait un interlocuteur incontournable.
Le Mouvement des sans terre MST lutte pour une redistribution équitable de la terre par le biais d’une réforme agraire, afin de permettre aux paysans d’accéder à cette ressource qui, au Brésil, est particulièrement concentrée dans les mains de l’élite (0,8 % des propriétaires possèdent 31,7 % des terres). Face à ce constat, “donner la terre à ceux qui la travaillent” peut paraître utopique. Pourtant, depuis plus de trente ans, le MST lutte pour la préservation des terres et pour une réforme agraire qui acterait une redistribution équitable de la terre et apporterait à ceux et celles qui la travaillent l’ensemble des moyens nécessaires au développement d’une agriculture paysanne familiale. La vision de la réforme agraire défendue par le MST ne se réduit pas à la seule distribution de terres, mais inclut l’ensemble des conditions nécessaires au maintien et au développement d’une agriculture paysanne familiale capable de répondre aux besoins du pays à la fois en termes alimentaires, d’emploi et de développement rural
durable.
La pérennité de cette lutte est assurée par la formation des membres du mouvement au sein, notamment, d’une école de formation politique. La continuité de l’action passe par la prise de conscience des oppressions engendrées par le capitalisme comme l’accaparement des richesses, l’accumulation du capital ou l’exploitation aveugle des ressources naturelles. Elle passe aussi par un idéal d’émancipation des individus, femmes et hommes, celle-ci se construisant tout au long de leur vie au sein du mouvement.
La profonde crise politico-institutionnelle du Brésil a produit l’élection d’un candidat ouvertement opposé à ces préconisations, l’ancien militaire Jair Bolsonaro. Ce dernier a bénéficié du précieux soutien de l’influent lobby des grands propriétaires au Parlement Fédéral, la Bancada ruralista, à qui il aurait entre autres promis la criminalisation du MST et des facilités pour ouvrir de nouveaux fronts de défrichement de la forêt amazonienne. Depuis certains partenaires brésiliens, comme le MST, vivent une intensification de la criminalisation. Aujourd’hui, la répression subie par le Mouvement est à la hauteur de la pertinence de son projet et de sa capacité à proposer une alternative crédible au système capitaliste.
La philosophie, la structuration et les modes d’action du Mouvement des sans terre sont inspirants pour penser nos propres luttes foncières pour la préservation et le partage des terres agricoles.

La venue de cette délégation du MST en France du 10 au 30 avril 2019 permettra :

  • D’organiser une formation politique sur le projet de réforme agraire, ici et ailleurs.
  • D’organiser des rencontres et des échanges avec des députés par rapport au projet de loi foncière, aux luttes sociales en France, en regard de l’expérience de la réforme agraire menée au Brésil
  • De politiser le débat sur l’accès à la Terre en France
  • De décriminaliser les MST à travers une certaine légitimation avec élus, médias et réseaux sociaux.

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