Une alternative prometteuse, l’agriculture péri-urbaine

Une ferme Terre de Liens formerait, s’il était mis en oeuvre, une pièce centrale du projet Carma : pleinement insérée dans une économie coopérative locale, elle renforcerait les liens entre secteurs ruraux et secteurs urbains d’un même territoire métropolitain aujourd’hui délaissé, le triangle de Gonesse.

Constituant au même titre que la forêt de Fontainebleau de véritables puits de carbone, les terres agricoles de la région, mises en valeur par des pratiques modernes dont l’agroforesterie et la permaculture, peuvent contribuer à augmenter la résilience du Grand Paris face au dérèglement climatique. C’est dans cette optique que le Mouvement Terre de Liens doit aussi penser et préparer ses futures acquisitions, singulièrement celles auxquelles il pourrait participer dans le triangle : situées en bordure des principaux centres urbains, ces terres protègent les quartiers, à leur petite échelle, des risques d’inondation, tandis qu’elles atténuent la température ressentie par les habitants pendant les périodes de canicule. Secondairement, un développement agroforestier, tout en favorisant la re-fertilisation de sols épuisés par l’usage de produits phytosanitaires, maximise les chances de préservation de la biodiversité.

Mais l’excellent bilan écologique du modèle proposé ne serait guère valorisable si son application devait être sans effet pour la population. Or là réside son intérêt premier : l’agriculture péri-urbaine, expérimentée avec succès à Barcelone et Milan, pourrait accroître l’autonomie alimentaire de Paris, qui reste aujourd’hui inférieure à trois jours, et de sa banlieue. Reliée à un réseau de boulangeries, la ferme céréalière, faisant revivre le « pain de Gonesse », nourrirait les cantines scolaires du triangle qui, conformément aux récentes conclusions des États généraux de l’alimentation, devront à moyen terme proposer 50 % d’aliments bio. Dans le même temps, la ferme maraîchère pourrait offrir à de nouvelles AMAP de consomm-acteurs.actrices des paniers de légumes variés, tel le chou rouge, production francilienne historique méconnue.

Une ferme Terre de liens, créatrice de richesses locales, œuvrerait aussi pour l’emploi. Reliée à des réseaux professionnels autant qu’à des bassins de vie, son développement, inscrit dans une économie circulaire, favoriserait maintes entreprises. Au titre du « pôle valorisation », des spécialistes de la récupération de déchets verts à des fins de production énergétique travailleraient, comme dans un écosystème, avec les exploitants formant le « pôle production », en tirant notamment profit d’unités de méthanisation.

Dans cette perspective désirable, l’exploitant Terre de liens, reconnaissant l’existence de précieux biens communs, pourrait, s’il le souhaitait, déclarer ses terres ouvertes à des usages multiples. Les espaces agricoles, tournés vers la production ou la formation aux nouvelles pratiques, pourraient en effet jouxter, dans un ensemble territorial continu, des lieux dédiés à la détente et à la redécouverte de la Nature.

Ce modèle est déjà en partie celui de la ferme de Toussacq. L’inachèvement de projets immobiliers aussi surréalistes qu’irresponsables donnera peut-être au Mouvement l’occasion de l’ancrer plus fermement encore dans la réalité francilienne. Il sera prêt, le moment venu, pour engager une campagne de financement solidaire.

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