Un outil innovant pour « créer du lien » : le diagnostic de transmission

L’agriculture dans son ensemble est face à un paradoxe : manque de terres… et manque de candidat.e.s pour cultiver la terre ! Comment expliquer en effet que des candidat.e.s à l’installation peinent à trouver du foncier, alors que dans le même temps des agriculteur.trice.s approchant de la retraite s’inquiètent de ne pas trouver de successeur ? C’est que la mise en relation d’un.e cédant.e et d’un.e repreneur.se est un processus complexe qui fait intervenir de nombreux paramètres. Chaque hectare et chaque agriculteur.trice ont leurs caractéristiques propres. Il n’y a rien de plus différent d’un hectare qu’un autre hectare, et d’un.e agriculteur.trice qu’un.e autre agriculteur.trice. Terre de Liens a une expérience de cette « mise en lien » d’un.e porteur.se de projet et d’un potentiel foncier, expérience qui s’enrichit d’année en année et qui a permis, en relation avec le Groupement des agriculteurs biologiques (GAB IDF), d’utiliser des outils d’accompagnement spécifiquement dédiés à la transmission.

Cet accompagnement se décline en divers éléments : un diagnostic de la ferme à céder selon six paramètres de l’agriculture paysanne1, la mobilisation des réseaux de l’agriculture biologique et solidaire pour la diffusion de l’annonce, l’organisation de visites collectives pour présenter la ferme et, enfin, la proposition de plusieurs formations collectives – estimation du prix, gestion de la dimension relationnelle de la transmission (avec le.la repreneur.se, mais aussi les proches), groupes d’échanges d’expériences entre cédant.e.s. Terre de Liens assure ainsi l’accompagnement sur des dimensions qui ne sont pas abordées par les intervenants classiques de la transmission (SAFER, Chambres d’agriculture…), comme la dimension relationnelle et le partage d’expérience, car ce sont des points clés pour la réussite de la démarche.

En Île-de-France, les enjeux de la transmission sont importants car un tiers des fermes bio est dirigé par des agriculteur.trice.s de plus de 55 ans. Dans les 10 ans qui viennent, ce sont donc une quarantaine de fermes bio qui vont être à reprendre. Si les repreneur.se.s venaient à manquer, ces surfaces pourraient revenir à des fermes conventionnelles, et tout le bénéfice de la conversion en bio serait perdu. Or les surfaces libérées, le plus souvent de grosses fermes en grandes cultures, sont difficiles à concilier avec les attentes des porteur.se.s de projets, principalement en maraîchage ou petit élevage.

Six projets ont ainsi été accompagnés par Terre de Liens et le GAB depuis 2014 : trois sont en cours, et trois ont abouti – parmi lesquels la ferme de Bernard Vincent (voir dans ce numéro).

Des outils complémentaires seraient utiles, par exemple le financement d’un stage de 6 mois du repreneur chez le.la cédant.e pour assurer la transition, ou de la « mise en stock » du foncier par la SAFER, pour laisser le temps d’adapter le projet aux caractéristiques du foncier libéré. Or le financement de ces outils passe par les collectivités et la Région. Là encore, Terre de Liens a un rôle à jouer pour sensibiliser les élus !

Diagnostic participatif à la ferme de Bernard

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