Nos fermes en temps de crise sanitaire : s’organiser pour une alimentation durable et de qualité

La crise sanitaire que nous traversons et les mesures de confinement mises en place pour endiguer l’épidémie ont un impact direct sur les paysans et paysannes engagés avec Terre de Liens. Témoignages du côté des paysans et des citoyens engagés à leurs côtés en Île-de-France.

À la cressonnière, après quelques ajustements, on trouve son rythme.

À Méréville,Gatien et sa famille vendent leur cresson bio via des grossistes, en Biocoop et en AMAP. « Au démarrage de la crise, il y a eu moins de commandes » témoigne Ghislaine Barberon, « mais là ça reprend tranquillement, les grossistes reprennent les commandes et on continue de livrer Biocoop. Le cresson est une plante pleine de vitamines, c’est important de continuer à consommer des légumes frais ». Du côté de l’AMAP de Méréville, si la situation était un peu confuse au départ, notamment du côté des élus, l’autorisation du préfet a permis le maintien de l’AMAP.

« Nous avons également dû nous organiser pour pouvoir continuer à travailler, au démarrage, on se faisait quasiment contrôler tous les jours pour nos déplacements. Heureusement, aujourd’hui nous avons une dérogation professionnelle pour tout le temps du confinement ». Car le travail ne s’arrête pas, les semis sont répartis afin d’avoir du cresson jusqu’à juin et les Barberon espèrent que les mesures de confinement pourront être levées au moment du curage des cressonnières fin mai, afin de maintenir la formation-action prévue avec Terre de Liens. >>>préinscription pour la formationaction avec Gatien

Claire et Rémi, à la ferme de Lumigny, ont « hâte de retrouver du lien social »

À Lumigny, Claire et Rémi ont choisi de fermer la boutique à la ferme « pour éviter au maximum les contacts et la propagation du virus». En parallèle, les commandes de farine ont explosé et Rémi continue de vendre sa farine bio aux magasins alimentaires. La fermeture de la boutique n’a pas empêché les clients les plus fidèles de commander ses hydrolats de plantes aromatiques à Claire qui a « envoyé quelques colis, pour maintenir du lien ».

L’organisation du travail pour les prochaines semaines s’annonce toutefois compliquée, entre les travaux aux champs et la préparation des commandes, tout en ayant leur petite fille à la maison. « On va
essayer d’embaucher mais les questions sont nombreuses, comment assurer la sécurité de tout le monde ? ».

« On a surtout hâte que tout cela soit terminé pour retrouver le lien social que l’on peut avoir avec la boutique. »

Avec les partenaires ABIOSOL, nous sommes mobilisés aux côtés de nos paysans pour chercher des solutions aux différentes problématiques rencontrées. Par ailleurs, l’accompagnement et la formation des porteurs projets agricoles continue… à distance, bien sûr !

Les AMAP, un modèle qui prouve sa résilience.

Du côté des AMAP, on s’organise également. C’est le cas de l’AMAP des Champs libres, en contrat avec Michel, maraîcher sur la ferme de Toussacq. « On a changé les horaires pour que Michel puisse venir déposer les légumes tôt et s’en aller. On avait l’habitude de l’aider à décharger mais on veut éviter au maximum de le contaminer », témoigne Violaine, membre du CA de l’AMAP. Une fois les légumes déposés, une équipe de six amapiens équipés de masques et de gants préparent les paniers, qui sont déposés dehors et espacés d’un mètre afin que les amapiens puissent les récupérer sans risques. « Dès le début, on a voulu continuer l’AMAP, on s’est dit qu’on prendrait collectivement le risque d’être dans l’illégalité le temps d’avoir les informations juridiques. Le Réseau des AMAP Île-de-France a été un grand soutien. »
Les distributions sont désormais autorisées par le Préfet.

Distribution à l’AMAP des champs libres à Fontenay sous bois, pendant le confinement. Les paniers sont preparés à l’avance par les bénévoles, avec gants et masques; chaque amapien peut prendre sa cagette, disposée dans l’espace à bonne distance l’une de l’autre. On ne renonce pas à se dire bonjour…de loin !

Pour Violaine, cette crise met en avant le rôle essentiel des AMAP pour permettre des circuits alimentaires stables, assurant des produits frais et de qualité aux consommateurs et garantissant un revenu aux paysans. « Les gens prennent conscience que le
contrat AMAP est solide et durable. Nous avons plein de nouvelles demandes d’inscription depuis le début de la crise ; nous espérons que cela encouragera ces citoyens à créer leur propre AMAP une fois le confinement levé.»

Avec le soutien de :

Terre de Liens Ile-de-France © 2020

Réalisé par Nicolas Sawicki pour Terre de liens IDF | Propulsé par WordPress