L’agroforesterie : Quésako ?

L’agroforesterie désigne l’association d’arbres et de cultures ou d’élevage sur une même parcelle. Cette pratique, qui a des formes ancestrales (les haies des bocages, les fruitiers des pré-vergers, etc), connaît un renouveau comme la plantation d’alignement d’arbres au sein de parcelle de grandes cultures.

Depuis le milieu du xxe siècle, la généralisation de l’agriculture conventionnelle et la simplification dans la gestion des parcelles (rotations réduites, et machines de grande taille), ont fait considérer l’arbre comme un gêneur et un concurrent réduisant la production des cultures. Mais aujourd’hui les impasses de l’agriculture conventionnelle et les démarches d’agroécologie conduisent à inverser les approches : il s’agit de travailler à produire des complémentarités entre espèces plutôt qu’à chasser la concurrence, afin de créer des écosystèmes agricoles productifs, mieux autorégulés et durables.

eclairage

crédit photo : Jean-Noël Duval

L’agroforesterie repose sur deux principes :

  • la production totale, en additionnant les productions liées à l’arbre (fruits, bois, miel, etc) et celles liées aux cultures ou à l’élevage, sera sensiblement équivalente à celle en conventionnelle ;
  • les apports écosystémiques des arbres permettent d’améliorer la fertilité des sols, la santé des plantes tout en réduisant les intrants.

Elle contribue à :

  • restaurer la fertilité du sol

Les arbres restituent de la matière organique via les feuilles qui tombent et la décomposition des racines. Les racines structurent le sol, facilitant son activité biologique, elles remontent des minéraux des couches profondes pour les remettre à disposition des cultures et certains permettent de fixer de l’azote.

  • mieux gérer la ressource en eau

Les systèmes racinaires des arbres augmentent la réserve utile en eau (exploitable par la plante) des sols, améliorent l’infiltration du ruissellement et limitent l’évaporation du sol.

  • améliorer la biodiversité

La diversité des structures et des espèces de ligneux et d’herbacées dans la même parcelle fournit des habitats et de la nourriture pour un cortège floristique et faunistique important. Elle permet ainsi de réintroduire des auxiliaires de cultures, abeilles et autres pollinisateurs, prédateurs, tout en réduisant le besoin de traitements phyto.

  • améliorer le bilan carbone de l’agriculture

Les arbres absorbent du CO2 et permettent de stocker du carbone dans leur bois comme dans les sols, et constituent ainsi de puissants « puits à carbone », tout en renouvelant la matière organique dans les parcelles.

1 réaction à cet articleEcrire un commentaire
  1. Je voulais attirer votre attention sur le fait que dans beaucoup de forets, entre autres dans celles des Pyrénees Atlantiques, les arbres jeunes et plus anciens, forts ou faibles, sont envahis de lierre jusqu’au sommet, sans que cela n’inquiète les cheminots, marcheurs, cultivateurs, communes, office national des forêts, parcs naturels, etc.

    De tous temps, les paysans, marcheurs, grands ou petits propriétaires, cheminots, etc. avaient une petite serpette pour couper à la base les racines des lierres qui envahissent chaque année les troncs. Or ceci n’est plus fait du tout depuis longtemps et nos forêts se meurent depuis des années à cause de cet oubli grave pour leur santé.
    Peut-on attirer l’attention des pouvoirs publics d’urgence sur ce fait.
    Merci

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