Franci’Liens novembre-décembre 2015 : Du côté des fermes « Gatien Barberon, nouveau paysan à Terre de Liens »

Gatien avec sa botte

 

Eh, dites! Cresson. Qu’est-ce que ça vous évoque? La soupe, évidemment! N’en parlez pas à Gatien, vous le fâcheriez! Car il n’aime pas les évidences, Gatien. D’ailleurs, pour lui, dès le début, rien n’a été évident. Du fait de sa surdité, son adolescence a plus ressemblé à un parcours du combattant qu’à un long fleuve tranquille. Un métier à portée de main (d’oreille?) pour vous ne l’est pas forcément pour lui. Alors de désillusion en désillusion, il a atterri dans le cresson, pas très loin de la Juine (alimentée en partie par les «décharges» – quel nom horrible pour désigner l’eau de source qui ressort des fosses dans lesquelles baignent ces plantes – des cressonnières)! Fatalité? Non, car Gatien aime le travail manuel et fourmille d’idées pour valoriser les 35 ares que Terre de Liens achète (70 ares au total en ajoutant le bâtiment et l’entrepôt).

Armé d’une paire de bottes et de son seul couteau – les moyens techniques pour produire une botte de cresson n’ont pas beaucoup évolué depuis fort longtemps – il prend soin de son champ d’idées neuves.

Il déplore que les gens associent automatiquement le cresson à la soupe qui a fait sa pauvre renommée, car avec cette plante semi-aquatique, on peut cuisiner à foison! On peut faire du pesto, de l’alcool, de la purée , du pâté, etc. C’est donc pour lutter contre ce lieu commun, et valoriser les propriétés gustatives d’une plante trop mal (re)connue, qu’il travaille, avec ses parents, dans ce qu’ils appellent leur «laboratoire».

Pour partager ces nouvelles idées, il participe notamment aux événements publics organisés par la structure internationale Slow Food. Dernièrement, il était à Milan (où l’espace de l’association mettait en avant la possibilité de «nourrir la planète en repartant de la biodiversité et en la préservant pour les futures générations»), plus pour prendre contact et observer comment se déroule ce type de sensibilisation que pour échanger réellement avec le public, car sans interprète en langue des signes, la communication n’est pas simple pour lui. Ce qui ne l’empêchera pas de se préparer pour la prochaine manifestation! Et d’y retourner avec une motivation redoublée.

Sur son lieu de travail, dans sa cressonnière, il compte créer un point de vente directe pour être au plus près du client, pour mieux le sensibiliser aux possibilités qu’offre la plante travaillée par sa famille depuis plusieurs générations.

Gatien Barberon, cressiculteur mérévillois pour Terre de Liens… ça sonne bien, non? La jeunesse qui prend la relève du bio et de la tradition, tout en faisant évoluer cette dernière: le menu est alléchant! Alors pour pouvoir le découvrir, mobilisez-vous! Car le coût d’acquisition total est de 106000 €. TDL a besoin de votre aide financière.

À bon entendeur!

Thierry Bayoud

 

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