Franci’Liens juillet-août 2015 : Eclairage de Fond « Le bio, c’est pour les riches, vrai ou faux ? »

« Le bio, c’est pour les riches », vrai ou faux ?

L’alimentation bio est réservée aux catégories les plus aisées », entend-on souvent, et certaines études montrent en effet un prix plus élevé du « panier bio » comparé à un « panier » constitué de produits vendus sous le nom du distributeur. Pourtant, cette différence disparaît quand on compare le « panier bio » à un « panier » contenant des produits de marques. D’autre part, selon l’INRA, si les consommateurs aux plus faibles revenus renoncent plus facilement à acheter bio à cause du prix, en revanche – et cette différence est intéressante à observer –, cet effet «repoussoir» du prix existe très peu quand il s’agit d’acheter des produits conventionnels de marque…

D’où vient alors cette idée que le bio est pour les riches ?
Sans doute de la confusion entre niveau culturel et niveau de richesse. La compréhension des enjeux environnementaux économiques et sociaux d’une part, l’analyse des rouages des comportements quotidiens propres à relever les défis qui en découlent d’autre part, demande une réflexion, un recul par rapport aux d16-SDSC_0108iscours de la publicité, ce qui est plus facile à mettre en œuvre lorsqu’on a un niveau culturel élevé. Ainsi, une étude de Nutrinet-Santé montre que les consommateurs de produits bio ont un niveau de revenus comparable aux non-consommateurs bio mais ont un niveau d’éducation plus élevé et sont physiquement plus actifs. Leurs choix alimentaires sont différents de la moyenne : davantage de produits végétaux et de produits peu raffinés, moins de boissons sucrées ou alcoolisées, moins de charcuterie, moins de lait, moins de « tout-prêt ». Une alimentation plus proche des recommandations de l’Agence nationale de la santé…

Quels facteurs vont donc jouer en faveur du bio ?
Le bio n’a pas la force des marques, qui s’offrent des spots de pub, et il ne véhicule pas (pas encore !) une image de réussite sociale, de qualité, de plaisir… En revanche, selon une étude de l’INRA de Toulouse, la présence d’une offre intéressante de produits bio influence les choix de consommation. Ainsi, la proximité de paysans bio renforce la consommation bio et, en zone urbaine (plus particulièrement à Paris), la probabilité d’achat de produits bio est renforcée par la possibilité de se fournir en grande et moyenne surface. Enfin, il apparaît qu’un ménage qui entretient un potager, manifestant par là son attrait pour des produits plus naturels, va aussi consommer davantage de produits biologiques.

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