Franci’Liens janvier-février 2016 : Eclairage de fond – La Via Campesina

La Via Campesina (la « voie paysanne » en espagnol) est un mouvement qui coordonne des organisations de petits et moyens paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales, de communautés indigènes d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Afrique.

En avril 1992, lors du congrès de l’Union nationale des agriculteurs et éleveurs (UNAG), à Managua (Nicaragua), des dirigeants d’organisations paysannes d’Amérique centrale, d’Amérique du Nord et d’Europe créent une coordination après avoir réalisé que les paysans des pays du Nord et les paysans des pays du Sud font face aux mêmes difficultés et sont de la même manière prisonniers de la politique des multinationales industrielles de l’agro-alimentaire. En mai 1993, la première conférence internationale de Via Campesina institue le mouvement comme organisation mondiale et définit son organisation et ses statuts.

En 2013, Via Campesina compte 164 organisations dans 79 pays et représente plus de 200 millions de paysannes et paysans à travers le monde. Le mouvement est organisé en neuf régions : une en Europe, deux en Asie, quatre en Amérique et deux en Afrique. Chaque région délègue deux militants, une femme et un homme, à la CCI (Commission de coordination internationale).

Via Campesina structure ses actions autour de huit axes de travail prioritaires :

• souveraineté alimentaire avec son corollaire, la lutte contre l’organisation mondiale du commerce et contre l’emprise des multinationales de l’agroalimentaire ;

• biodiversité, semences et lutte contre les OGM ;

• agriculture paysanne ;

• respect des droits humains des militants syndicalistes et des communautés rurales ;

• réforme agraire et accès équitable aux moyens de productions ;

• reconnaissance du rôle spécifique des femmes dans l’agriculture, dans la production ou la transmission des savoirs, et promotion de la parité dans ses instances internationales ainsi que dans ses organisations membres ;

• défense et organisation des jeunes paysannes et paysans ;

• travailleurs et travailleuses migrants et ouvriers/ouvrières agricoles.

La Via Campesina représente les paysans à la FAO et dans les négociations internationales : convention pour la diversité biologique, protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques, traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture…

Après la Belgique, le Honduras et l’Indonésie, c’est le Zimbabwe qui abrite depuis 2013 le siège de La Via Campesina. La Zimbabwéenne Elizabeth Mpofu assure la fonction de coordinatrice générale. En Europe, la Coordination européenne Via Campesina rassemble ses membres dont, pour la France, la Confédération paysanne et le MODEF.

Pour plus d’informations :  http://viacampesina.org/fr/

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