Franci’Liens janvier-février 2016 : Du côté des fermes – L’espace Test « Les champs des possibles » vu de l’intérieur

La ferme de Toussacq, acquise par Terre de Liens en 2011, a permis non seulement d’installer deux agriculteurs, mais également de consacrer de la surface à la mise en place d’un espace test de type couveuse (voir Franci’Liens de mars-avril 2015). Les candidats à l’installation peuvent y tester leur capacité à assumer le métier de maraîcher, sans engager d’investissement et pour une durée limitée de 2 à 3 ans. Le revenu de la production, qui reste un revenu partiel car son volume est de fait limité par la surface mise à disposition, est compensé par une indemnité salariale.

crédit photo Marc Segur

Actuellement, deux « couvés » ont investi les lieux. Tous deux en reconversion professionnelle et non issus de familles d’agriculteurs, ils soulignent l’importance pour eux d’avoir accès à cette possibilité de transition.

Murielle a travaillé une quinzaine d’années dans la recherche avant d’engager sa conversion vers la production maraîchère biologique. C’est au lycée agricole de Brie-Comte-Robert, où elle a passé un BPREA, qu’elle a entendu parler des Champs des Possibles et de Terre de Liens. Elle a intégré la couveuse en février 2014 et produit une trentaine de paniers bio pour les amapiens d’Athis-Mons.

Michel, après avoir été maçon et carrossier, cherchait à exercer en Île-de-France un nouveau métier, qui corresponde mieux à ses valeurs. C’est en se renseignant sur les possibilités d’installation en maraîchage biologique qu’il a été orienté vers la couveuse des Champs des Possibles, où il est arrivé début 2015.

Tous deux soulignent l’intérêt de pouvoir se consacrer, dans un premier temps, à la maîtrise technique du processus de production, car comme dit Michel, « il faut en savoir, des choses, dans ce métier ! Planter un rang de courgettes dans un potager et mettre en culture plus de 200 plants, ça n’est pas la même chose. » La couveuse permet ainsi, dans des conditions sécurisées sur le plan économique, d’établir un parcours complet de production, de la planification des cultures jusque à la vente, sans les préoccupations administratives et financières de la création d’entreprise. Cette étape permet aussi de commencer à prendre contact avec les fournisseurs, d’apprendre à les connaître, tout comme à gérer la relation avec une AMAP.

Le chemin se trace ainsi progressivement. Après une prise de repères pris et une première expérience de production et de commercialisation acquise, la gestion sera plus simple à mettre en œuvre dans leur projet d’installation. La couveuse et les formations sont aussi l’occasion de rencontrer d’autres maraîchers pour envisager de s’installer en mutualisant autant que possible les moyens investis : partager du gros matériel, échanger les expériences et les idées, se relayer pour pouvoir prendre quelques congés, etc. Mais une étape reste à franchir qui n’est pas des moindres : trouver une terre.

Michel regrette que l’accès à la terre soit si difficile lorsqu’on n’est pas issu du monde agricole. Il considère que cette difficulté est un frein majeur à l’installation de candidats attirés par ce métier. Il salue l’action de Terre de Liens qui permet de pénétrer le monde professionnel agricole et d’accéder au foncier dans de meilleures conditions. Pour Murielle, s’installer en louant des terres acquises par Terre de Liens est un gage de sécurité. Mais les petites surfaces de terre maraîchère restent rarement disponibles dans la région, et Murielle et Michel prennent leur mal en patience.

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