Rencontres et repas // dimanche 4 octobre, Aubervilliers

Nous relayons cette invitation d’un collectif citoyen d’Aubervilliers, et serons présents lors de l’événement. Une belle occasion de se rencontrer !

Dimanche 4 octobre à partir de midi, le collectif Des terres pour Auber!
organise une rencontre/discussions autour des terres paysan·ne·s et des
cultures nourricières en Ile-de-France.

Ce groupe d’habitant·e·s d’Aubervilliers souhaite acquérir
collectivement des terres nourricières libres d’accès, et ainsi les
arracher à la bétonisation tout en créant des liens avec le monde rural
et agricole.

Ces rencontres auront lieu une fois par mois, à la ferme Mazier, une
ferme encore en activité dans les années 1980. Elles sont ouvertes à
tout·e·s et ont vocation à permettre des rencontres et des discussions
entre habitant·e·s de banlieues et des campagnes, afin de créer un
espace commun de discussions et d’usages.

RDV dimanche 4 octobre à partir de midi
Ferme Mazier, 70 rue Heurtault, Aubervilliers

Pizza prix libre

Justice alimentaire, joie de vivre et liberté    

Rejoignez-nous !

Contact: terresdauber@riseup.net

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Pour une Coopérative des terres d’Aubervilliers

Nous sommes des urbain·e·s sans terre*.  

Nous voulons poser la question des sols et de leur usage depuis la banlieue.

L’expérience du Covid et du confinement à Aubervilliers a révélé une fragilité d’une ampleur insoupçonnée chez les habitant·e·s de notre ville : dans les premières semaines du confinement, avec la fermeture des écoles (et donc des cantines scolaires), des associations d’aides alimentaires, mais aussi le ralentissement de l’activité des services sociaux, la perte brutale d’emplois sans indemnité ni chômage, beaucoup de familles se sont retrouvées dans l’incapacité de se nourrir dignement.   

A Paris et dans sa périphérie, les plus riches et les mieux dotés en ami·e·s possédant des résidences secondaires ont pu quitter la ville. Mais pour l’immense majorité des habitant·e·s d’Aubervilliers, le confinement fut total et brutal : coincé·e·s chez soi ou ses parents, dans des logements souvent sur-occupés. La même situation inégalitaire se produira à la prochaine épidémie, la prochaine canicule, le prochain épisode de pollution de l’air.     

Cet été, de nouveau, il fera trop chaud. Des bouches d’incendie seront ouvertes par des jeunes étouffant sur le bitume. Des migrant·e·s, des ados fatigué·e·s des rares piscines surpeuplées, des voisin.e.s mourant d’ennui chercheront un peu de fraîcheur et d’excitation en plongeant dans les eaux sales du canal Saint-Denis. Comme chaque année, ils et elles risqueront leur vie pour profiter de la seule ressource en eau disponible à proximité.    

Pas loin d’ici, le monde agricole subit une pression de plus en plus insupportable : modèle industriel insoutenable, surendettement, exposition aux engrais et pesticides toxiques, isolement dans des campagnes dépeuplées. D’ici dix ans, près de 300 000 agriculteur·ice·s vont partir en retraite. Environ 7 millions d’hectares de terres vont potentiellement devenir accessibles à d’autres usager·e·s**. Un peu partout en France, des collectifs s’engagent dans des “reprises de terres”***.    

Nous avons besoin de terres pour nous nourrir, pas pour y construire des logements spéculatifs et des bureaux qui resteront vides. Nous avons besoin d’arbres pour nous protéger des canicules, pour que les gamin-e-s en chapardent les fruits et que les oiseaux reviennent. Nous avons besoin de grands espaces sans flashball, sans contrôle au faciès et sans harcèlement policier. Nous voulons travailler sans y perdre notre santé et notre espérance de vie. Nous voulons apprendre à faire lever notre pain et à greffer des fruitiers. Nous avons envie de prairies pour jouer au foot. Nous voulons respirer sans asphyxier. Nous voulons des eaux naturelles, gratuites et ouvertes à tou-te-s pour nous baigner.
Nous voulons montrer ce que les habitant·e·s de nos quartiers savent faire à celles et ceux qui les imaginent incapables, assisté·e·s, violent·e·s, et ne les perçoivent que comme des dangers pour la société. Nous voulons faire du business de plants de sauge et fumer de la laitue vireuse. Nous voulons voir les étoiles la nuit, et sentir la terre sous nos pieds nue. Nous voulons des terres communes et libres d’accès pour plus de justice alimentaire, de joie de vivre et de liberté.    

Des habitant·e·s d’Aubervilliers    

Contact: terresdauber@riseup.net

*Nous empruntons cette expression à des ami·e·s du collectif des Lentillères à Dijon   
 ** Voir à ce sujet : Pauline Chiron, Analyser et valoriser les démarches d’accès collectif et solidaire au foncier, Terre de liens (2019).   
 *** A ce propos : Prise de terre (s), écrit en 2019 par des habitant·e·s de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Avec le soutien de :

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