Les ADEAR au service d’une transmission paysanne des terres

Parmi les partenaires historiques de Terre de Liens figurent les Associations pour le développement de l’emploi agricole et rural (ADEAR), dont la voix nationale est portée, depuis 1984, par la FADEAR. Accompagner les paysan.ne.s souhaitant transmettre leur ferme constitue aujourd’hui l’une de leurs missions premières.
Elles affirment en la matière une vocation : faire vivre la petite ou moyenne exploitation. Deux tentations, de prime abord très attractives pour les cédant.e.s sans succession, menacent le modèle : le mouvement d’agrandissement des fermes (surface moyenne des fermes françaises en 2000 : 42 ha ; en 2010 : 62 ha) en lien avec la diminution du nombre de chefs d’exploitation (530 000 en 2000 à 420 000 en 2015) et la déclassification du zonage agricole vers des terrains constructibles, défendue par des communes misant sur la dynamisation de leur territoire via l’artificialisation des sols (zones résidentielles, commerciales, etc.)

Réaliste et pragmatique, le réseau des ADEAR tient cependant compte des profondes transformations qu’a connues l’agriculture française depuis 1945. Alors qu’elle s’inscrivait encore, après la Seconde Guerre mondiale, dans un cadre patriarcal fort, elle n’est plus majoritairement familiale. En 2020, quelque 100 000 chef.fe.s d’exploitation, soit plus de 25 %, exerceront en dehors de tout cadre familial agricole (HCF). Sociologiquement, les cédant.e.s appartiennent aujourd’hui à la génération X, celle des enfants né.e.s entre 1965 et 1980 qui ont accompagné, en travaillant souvent seul.e.s, la professionnalisation du secteur. S’ils.elles ne peuvent pas toujours revendiquer une appartenance territoriale fort ancienne, les jeunes actif.ve.s candidat.e.s à la reprise portent quant à eux.elles, bien davantage que leurs parents et grands-parents, de véritables projets personnels. L’agriculture, et plus encore sa pratique, correspondent chez eux à des choix de vie.

 

Fortes de cette analyse, les ADEAR organisent de nombreuses soirées-débats, qui poursuivent un objectif principal : convaincre les paysan.ne.s que la clef d’une transmission réussie, respectant leurs valeurs, réside dans l’anticipation. De la définition d’un projet à l’identification de candidat.e.s, le passage de relai, surtout s’il implique un.e HCF, requiert, selon le réseau, cinq années de préparation, conclue par la présentation de l’heureux.se élu.e, au moins six mois avant le jour J, à l’entourage professionnel du ou de la cédant.te. Une fois l’exploitation transmise, les associations se proposent d’assurer un suivi, également sur une période quinquennale, de la viabilité économique du projet nouvellement porté.

Ce mouvement associatif contribue ainsi à la reconstitution de cercles de confiance, qui préservent la terre nonobstant la perte de l’héritage familial. Afin de soutenir les accompagnant.e.s dans leur élan, généralement bénévole, la FADEAR a publié en 2016 un guide spécialisé (« Accompagner la transmission »).

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